5 Choses Que Je Ne Savais Pas Sur La Crise Humanitaire En Afghanistan

Nous avons tous assisté, avec frustration, colère, horreur, tristesse ou un mélange de toutes les émotions imaginables, au décollage du dernier avion militaire américain de l’aéroport de Kaboul, en Afghanistan, le 30 août 2021. Il semblait alors évident pour beaucoup que c’était un signal clair marquant la fin d’une guerre qui a duré deux décennies, coûtant des milliards de dollars et des centaines de milliers de vies précieuses.

Les répercussions se font encore sentir dans le monde entier. Alors que les experts politiques continuent de débattre de la question sur d’innombrables forums dans les médias, la guerre ne s’est pas simplement arrêtée là.

Des semaines avant la date limite du 31 août, les médias du monde entier ont diffusé des images d’Afghans risquant leur vie pour tenter de quitter leur pays après le retour des talibans au pouvoir. Qu’en est-il de ceux qui n’ont pas la même chance de pouvoir choisir ou qui ont choisi de rester dans leur pays bien-aimé ? Un pays qui est toujours en proie aux conflits et aux déchirements après des décennies d’occupation par des puissances étrangères et de luttes tribales intestines.

Nous sommes constamment inondés de nouvelles sur les médias traditionnels, auxquelles s’ajoutent des couches vertigineuses d’opinions sur les médias sociaux. Cela a permis à nos esprits et à nos âmes de se désensibiliser. Avec le temps, nous sommes devenus insensibles à la souffrance du peuple afghan. La normalisation de la crise humanitaire en Afghanistan ne devrait jamais se produire sous nos yeux. Les Afghans méritent notre attention et notre aide, quelle que soit la forme qu’elle prenne. C’est pourquoi, en tant que membres de l’oumma mondiale, nous devons nous montrer responsables en apprenant davantage et en comprenant l’évolution de la crise.

La Fleur du Diable

L’un des symboles les plus associés à l’Afghanistan est le coquelicot. Inoffensif à première vue, mais lucrativement mortel. Entre de mauvaises mains, ces fleurs rouges sont nuisibles à l’humanité. L’opium, un opiacé qui crée une dépendance, en est dérivé. L’Afghanistan est le premier producteur mondial d’opium, selon les conclusions de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), publiées cette année. Il est responsable de plus de 80 % de la production mondiale d’opium qui a généré plus de 100 000 emplois pour le peuple afghan, en 2019. Rien qu’à Kaboul, 284 hectares de terres ont été utilisés pour cultiver le pavot. C’est l’équivalent de plus de 500 terrains de football ! C’est donc une activité économique rentable qui génère des revenus.

Mais pourquoi ce pays reste-t-il encore l’un des plus pauvres du monde selon la Banque mondiale ?

On estime qu’entre 100 et 400 millions de dollars US ont été absorbés par les talibans qui exploitent le commerce illicite de la drogue. La plupart des cultures de pavot se trouvant sur des terres contrôlées par les Talibans, il n’est pas surprenant que ces bénéfices ne se soient pas répercutés, et ne le font toujours pas, sur la population et l’économie dans son ensemble. Au lieu de cela, des milliards de dollars sont injectés en Afghanistan, par exemple par la Banque mondiale. Le financement de projets de développement qui continuent de plonger le pays dans un abîme de dettes toujours plus profond.

Les Communautés Déplacées dans un Climat en Constante Évolution

L’instabilité, la violence et les violations des droits de l’homme s’intensifient en période de conflit. Le peuple afghan n’est pas étranger à ces circonstances désastreuses qui l’obligent à fuir constamment pour sauver sa vie. Les restrictions d’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux installations sanitaires et aux services de santé et de nutrition de base frappent continuellement le peuple afghan.

De plus, en raison des conflits et des violences prolongés qui s’ajoutent à la pandémie en cours, le système de santé déjà fragile est débordé, des centaines de milliers d’Afghans étant privés d’accès aux soins et au soutien psychologique.

Ce que beaucoup d’entre nous ne réalisent pas, c’est l’impact supplémentaire du changement climatique sur l’Afghanistan. Hélas, le réchauffement climatique aggrave de plusieurs fois la souffrance du peuple afghan. Rien qu’en 2018, environ 275 000 personnes ont été déplacées à titre interne. En outre, l’augmentation des sécheresses et des inondations fréquentes et graves entrave encore davantage la capacité de l’Afghanistan à nourrir sa propre population.

Une Compassion Urgente pour les Enfants Afghan

En temps de guerre, les enfants, les femmes et les personnes âgées deviennent le groupe le plus vulnérable. L’incertitude d’une vie décente après avoir dû fuir leur foyer, la privation d’éducation et de réseaux sociaux, ainsi que la privation des produits de première nécessité, tels que la nourriture et l’eau, font que les enfants afghans risquent de souffrir d’un retard de croissance et de développement en tant qu’individus en bonne santé.

Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance en Afghanistan (UNICEF), un million d’enfants de moins de 5 ans vont souffrir de malnutrition sévère ou aiguë. Ce que nous devons comprendre, c’est que même si l’aide est suffisante à court terme, la gravité de la situation rend nécessaire un réapprovisionnement constant. Nous ne pouvons pas nous permettre de fermer les yeux sur les 10 millions d’enfants afghans qui ont besoin d’une aide humanitaire. Ils sont, après tout, la future colonne vertébrale du pays pour tout espoir de stabilité et de paix.

L’éducation, Synonyme d’Autonomisation

De nombreuses activités doivent être suspendues lorsque l’on est pris dans une zone de guerre et que l’on est continuellement obligé de rester en mouvement. Ceci est particulièrement pertinent pour les jeunes filles et les femmes afghanes en ce qui concerne leur rôle dans la société afghane. Sur 7 millions d’élèves, seules 38 % des filles sont actuellement scolarisées.

L’éducation reste la clé d’un avenir meilleur. La jeune génération afghane mérite des chances égales d’avancement dans la vie, car elle est le futur moteur de l’économie du pays.

Cependant, avec les talibans au pouvoir, l’état actuel et l’avenir des filles et des femmes afghanes sont en péril. Les incertitudes sont grandes et ont enveloppé toute lueur d’espoir. Depuis la prise du pouvoir par les talibans, les médias sociaux et les informations nous apprennent que les femmes ont cessé d’aller à l’école par crainte pour leur sécurité et leur vie.

Acheminement des Fonds

Récemment, l’Union européenne (UE) a promis un milliard d’euros pour aider à soulager la crise humanitaire en Afghanistan. Est-ce que nous nous réjouissons instantanément après avoir entendu de tels chiffres ? Il ne s’agit jamais d’une simple transaction grossière. Pendant ce temps, les Nations unies (ONU) ont déclaré avoir besoin de 200 millions de dollars (USD) pour continuer à financer les besoins existants, notamment en matière d’alimentation et de transport, en Afghanistan. Cela met en évidence les systèmes complexes de navigation de l’aide et du financement dans des circonstances aussi extraordinaires.

Nous ne devons pas non plus nous réjouir du sentiment de gratification instantanée qui se fait passer pour un activisme creux chaque fois que nous donnons une somme d’argent. Nos dons ne s’arrêtent pas à la simple pression d’un bouton sur une page bancaire. Même les agences d’aide internationale, telles que les Nations unies, rencontrent des difficultés pour transmettre l’aide sous quelque forme que ce soit.

L’ONU rencontre de temps en temps des problèmes opérationnels. Il peut s’agir de tout et n’importe quoi, de quelque chose d’aussi simple que le transport de nourriture, qui nécessite plusieurs entrepreneurs et partenaires logistiques, à quelque chose d’aussi compliqué que des transferts d’argent impliquant des sanctions au niveau international imposées aux banques afghanes par d’autres pays.

Après avoir pris connaissance de ces informations, plus précisément des 5 choses que j’ai partagées plus en profondeur sur la crise humanitaire en Afghanistan, et en ayant nos smartphones en main, que pouvons-nous faire ? Il est facile de sombrer dans l’anxiété et de se paralyser dans l’inaction en pensant que nos contributions ne font rien ou presque pour améliorer la situation.

Or, c’est absolument faux !

Nous avons toujours le contrôle. Commencez toujours par des petits pas. Parlez-en. Sensibilisez votre entourage en partageant avec votre famille et vos amis, en plus de publier sur vos comptes de médias sociaux. Associez nos prières à de petites actions. Découvrez le soutien de Muslim Pro au fonds d’urgence de l’UNICEF pour l’Afghanistan et faites un don aujourd’hui pour changer la vie de millions d’enfants en Afghanistan, pour commencer.

Écrit par Helmy Sa’at

Traduit par Elyssa Faucher